Le calendrier égyptien (iiie millénaire av. J.-C.)
Le plus ancien calendrier solaire : 12 mois de 30 jours, en trois saisons réglées sur le Nil, Akhet (l’inondation), Peret (la germination), Chemou (la récolte), suivis de 5 jours épagomènes, fêtes d’Osiris, Horus l’Ancien, Seth, Isis et Nephtys.
Mais l’année des saisons dure 365 jours et un quart : ce calendrier « vague » prend un jour de retard tous les quatre ans. Le 1er Thot devait coïncider avec le lever héliaque de Sirius (Sothis), qui annonçait la crue ; ils ne se retrouvent que tous les 1 460 ans, la période sothiaque.
Le calendrier d’Éléphantine, gravé sous Thoutmosis III, énumère les offrandes du jour du lever de Sothis et en donne la date : le 28 du 3e mois de Chemou. En 238 av. J.-C., Ptolémée III tente d’ajouter un sixième jour tous les quatre ans : en vain.
Akhet : Thot, Paophi, Athyr, Choiak · Peret : Tybi, Méchir, Phaménoth, Pharmouthi · Chemou : Pachons, Payni, Épiphi, Mésori
De Romulus à Jules César
L’année de Romulus (vers 753 av. J.-C.) commence en mars et compte 10 mois, de Martius à December, soit 304 jours ; l’hiver n’est pas compté. Numa Pompilius ajoute Ianuarius et Februarius : 355 jours. Un mois intercalaire, le mercedonius, s’insère une année sur deux après le 23 février ; les pontifes en abusent, et le calendrier finit par avoir trois mois d’avance sur les saisons.
En 46 av. J.-C., Jules César, conseillé par l’astronome Sosigène d’Alexandrie, fixe l’année à 365 jours, avec un jour de plus tous les quatre ans : le 6e jour avant les calendes de mars est compté deux fois, bis sexto, d’où le mot bissextile. Quintilis devient Julius, et Sextilis Augustus en l’honneur d’Auguste, qui corrige les erreurs des pontifes (la légende du jour pris à février pour lui est une invention médiévale).
Les Romains comptent les jours à rebours, jusqu’aux calendes (le 1er), aux nones (le 5 ou le 7) et aux ides (le 13 ou le 15) : César est assassiné aux ides de mars. Les années se comptent depuis la fondation de Rome, jusqu’à ce que Denys le Petit (vers 532) les compte depuis la naissance du Christ, qu’il place en 753 de Rome.
La réforme grégorienne (1582)
L’année julienne (365,25 j) est trop longue de 11 minutes : un jour tous les 128 ans. Le concile de Nicée (325) avait fixé l’équinoxe de printemps au 21 mars ; dans l’atlas de Fernão Vaz Dourado (1571), il tombe déjà le 11.
D’après le projet de Luigi Lilio, défendu par Christophorus Clavius, la bulle Inter gravissimas du pape Grégoire XIII supprime dix jours : le jeudi 4 octobre 1582 est suivi du vendredi 15 octobre. Puis les années séculaires ne sont plus bissextiles, sauf si elles sont divisibles par 400 : 97 bissextiles en 400 ans.
| Approximation de 0,2422 | Valeur | Erreur |
| 1/4 · Jules César | 0,2500 | 1 jour en 128 ans |
| 8/33 · Omar Khayyam (Perse, 1079) | 0,2424 | 1 jour en 4 300 ans |
| 97/400 · Lilio et Clavius | 0,2425 | 1 jour en 3 200 ans |
L’Espagne, le Portugal et l’Italie adoptent la réforme dès 1582, la France en décembre (le 9 est suivi du 20), l’Angleterre en 1752, la Russie en 1918.
Le calendrier musulman (depuis 622)
Un calendrier purement lunaire : chaque mois commence avec l’apparition du hilal, le premier croissant du soir. Douze mois de 29 ou 30 jours, de Muharram à Dhou al-hijja, font 354 jours. L’an 1 commence le 16 juillet 622, l’année de l’Hégire.
Douze lunaisons durent 354,367 jours : il manque 0,367 jour par an. Le calendrier arithmétique ajoute donc un jour à 11 années sur 30, puisque 11/30 = 0,3667 : c’est le cycle de 30 ans, que l’on trouve en cherchant les fractions simples les plus proches de 0,367.
L’année musulmane est plus courte de 11 jours que l’année solaire : le ramadan recule chaque année et traverse toutes les saisons en 33 ans. Faites glisser le curseur sous la roue pour le voir.
Muharram · Safar · Rabi al-awal · Rabi ath-thani · Joumada al-oula · Joumada ath-thania · Rajab · Chaabane · Ramadan · Chawwal · Dhou al-qi’da · Dhou al-hijja
Le calendrier républicain (1793-1805)
La Convention veut un temps rationnel. L’an I commence le 22 septembre 1792, jour de la proclamation de la République et de l’équinoxe d’automne. L’année compte 12 mois de 30 jours, découpés en trois décades, et 5 ou 6 jours complémentaires, les sans-culottides.
Fabre d’Églantine nomme les mois d’après les saisons, avec des terminaisons qui riment : vendémiaire, brumaire, frimaire (automne) ; nivôse, pluviôse, ventôse (hiver) ; germinal, floréal, prairial (printemps) ; messidor, thermidor, fructidor (été). Chaque jour porte le nom d’une plante, d’un animal ou d’un outil.
Le décret du 4 frimaire an II (24 novembre 1793) divise même le jour en 10 heures de 100 minutes de 100 secondes : le temps décimal est abandonné dès 1795. Le système métrique, lui, reste : Delambre et Méchain mesurent la méridienne de Dunkerque à Barcelone pour définir le mètre. Napoléon rétablit le calendrier grégorien le 1er janvier 1806.