Cosmologies chamanistes
Pour les Minangkabaus d’Indonésie, la terre est plate, posée sur un buffle qui est sur un œuf géant, le tout en équilibre sur le dos d’un poisson… (source : Edwin M. Loeb, Sumatra, its History and People, Oxford University Press, 1974).
Les Terres-îles
… un poisson géant chez les Tatars, un échafaudage de quatre éléphants sur une tortue elle-même posée sur un serpent géant chez les Hindous, trois colonnes pour les Indiens Wayapis, un serpent géant chez les Fons, une tortue chez les Indiens Hurons.
En Chine
Les terres plates
et polygonales
Pour un Chinois appelé Liu An, au iie siècle avant J.-C., la terre est plate et carrée. Toute la géographie de la terre est très organisée, avec la Chine au milieu du monde.
Source : Huainan zi, sous la direction de Charles Le Blanc et Rémi Mathieu, Gallimard, Paris, 2003.
Cosmas d’Alexandrie
Les terres plates
et polygonales
Cette géographie est extraite d’un écrit laissé par Cosmas, Grec de Syrie, établi à Alexandrie au vie siècle après J.-C. Cet écrit était accompagné de cartes dont les proportions sont respectées dans les dessins du Livre des Terres imaginées.
Chine, Amériques
Les terres plates
et circulaires
- La Terre de Chen Zi, en forme de bol renversé. Cette géographie est l’une des plus anciennes théories scientifiques chinoises, la théorie dite « Kai tian », du « ciel couvrant », où le ciel est comme un bol renversé.
- La Terre comme une montagne, chez les Indiens Huni Kuin (Pérou).
- La Terre comme une lentille, chez les Indiens Yanomami (Venezuela).
À l’époque de Thalès
Les terres plates
et circulaires
Cette géographie s’inspire de plusieurs lectures : les légendes décrites par Homère, Hésiode, les travaux de Thalès de Milet, ainsi que les recherches menées par des spécialistes de la culture grecque antique.
Pythagoriciens
Les terres sphéroïdales
La Terre selon le philosophe grec Platon (ve siècle av. J.-C.) : une sphère parfaite. Platon était probablement influencé par les Pythagoriciens. On commence à envisager, par symétrie, l’existence probable de terres aux antipodes…
Une autre question s’impose : quelle taille donner à cette sphère ?
Ératosthène
Les terres sphéroïdales
La carte d’Ératosthène, la première comportant des coordonnées de latitude et de longitude (avec Rhodes pour méridien origine), s’étend de l’île d’Ierné (actuelle Irlande) jusqu’à l’île de Taprobane (Ceylan), et de l’île de Thulé (peut-être l’Islande) jusqu’au pays de la cannelle (Corne de l’Afrique), couvrant une zone de 54° en latitude et de 140° en longitude. Ératosthène est aussi le premier à avoir mesuré la circonférence de la Terre. Malheureusement, la Géographie d’Ératosthène et ses cartes ont disparu…
| Ératosthène (iiie s. av. J.-C.) | 39 375 à 41 250 km |
| Marin de Tyr (iie s.) | 30 000 km |
| Ptolémée (iie s.) | 33 345 km |
| Al-Biruni (vers l’an mil) | 39 832 km |
| Pierre d’Ailly (vers 1400), valeur retenue par Colomb | 30 000 km |
| Delambre et Méchain (fin du xviiie s.) | 40 000 km, par définition ! |
| Aujourd’hui | 40 075 km |
Ptolémée
Au iie siècle après J.-C., Ptolémée, astronome et géographe d’Alexandrie, calcula la latitude et la longitude de 8 000 points sur la Terre, tirées d’itinéraires de voyage ; il détermina de plus astronomiquement 350 points que l’on peut considérer comme sûrs. Le méridien origine devient l’île de Fer, dans les îles Fortunées, et le restera longtemps.
Les terres sphéroïdales
Il divisa cette Terre connue (l’Œkoumène) en 180° de longitude, et attribua de même 180° à l’ensemble des terres inconnues, ce qui, nous le savons aujourd’hui, constitue une erreur. De plus, il se fonda sur les mauvais calculs de Posidonios pour la taille de la Terre.
La poire de Colomb
Les terres sphéroïdales
Christophe Colomb connaissait quelques géographies des Grecs, comme celles de Ptolémée ou de Marin de Tyr, et il les a utilisées pour entreprendre sa traversée de l’océan Atlantique. Cette image a été réalisée à partir du journal de sa troisième expédition (1498).
Un cosmos sphérique
Dans son commentaire à la Physique d’Aristote, Simplicius écrit : « Platon pose alors ce problème aux mathématiciens : quels sont les mouvements circulaires uniformes et parfaitement réguliers qu’il convient de prendre pour hypothèses, afin que l’on puisse sauver les apparences que les astres errants présentent ? » Le but de l’astronomie est maintenant clairement défini.
La sphère armillaire
La sphère céleste en mouvement
Trois animations du département d’astronomie de l’Université du Nebraska-Lincoln.