Où suis-je ?

L’épineuse question de la longitude

« S’il y avait dans l’Est ou dans l’Ouest une étoile fixe, comme il y en a une dans le Nord, on connaîtrait facilement cette longitude. Mais elle pourrait endormir la prudence et la vigilance des pilotes. Dieu a bien su ce qu’il faisait lorsqu’il a tiré le monde du néant. »Robert Challe, Journal d’un voyage fait aux Indes orientales (1690-1691)

Le chroniqueur montre bien, par l’absurde, la difficulté. La latitude se lit dans le ciel : la hauteur de l’étoile Polaire, ou celle du Soleil à midi, la donne directement. Les pilotes portugais la maîtrisent dès la fin du xve siècle.

La longitude, elle, ne se voit nulle part : la Terre tourne sur elle-même, et le ciel est le même à toutes les longitudes, simplement décalé dans le temps. On navigue donc à l’estime, et l’on se trompe parfois de plusieurs centaines de kilomètres.

Les naufrages se multiplient : en 1707, quatre vaisseaux de l’amiral Shovell se brisent sur les îles Scilly, et plus de 1 400 marins périssent. En 1714, le Parlement anglais promet 20 000 livres à qui saura trouver la longitude en mer à un demi-degré près. La solution attendra les années 1760 ; elle viendra des horlogers.