Cinétique chimique

Spécialité physique chimie Terminale

Suivi temporel et modélisation macroscopique

Transformations lentes et rapides

La cinétique chimique étudie l'évolution d'un système chimique au cours du temps : à quelle vitesse les réactifs disparaissent-ils et les produits se forment-ils ?

  • Une transformation est rapide lorsqu'elle semble achevée dès que les réactifs sont mis en contact : on ne peut pas suivre son évolution à l'œil nu. Exemple : la précipitation du chlorure d'argent \(\mathrm{Ag^+_{(aq)} + Cl^-_{(aq)} \rightarrow AgCl_{(s)}}\).
  • Une transformation est lente lorsque son évolution dure de quelques secondes à plusieurs jours, voire des années. Exemples : la décoloration d'une solution de permanganate de potassium par l'acide oxalique (quelques minutes), la formation de la rouille (plusieurs jours).
Le caractère « lent » ou « rapide » dépend de l'outil d'observation : une transformation trop rapide pour l'œil peut être suivie avec un capteur très performant.

Suivre l'évolution d'un système

Pour suivre une transformation lente, on mesure au cours du temps une grandeur physique qui dépend de la quantité d'un réactif ou d'un produit. Le choix du capteur dépend des espèces mises en jeu :

Capteur Grandeur mesurée Situation où l'utiliser
Spectrophotomètre Absorbance \(\mathcal{A}\) Une espèce colorée apparaît ou disparaît (\(\mathcal{A} = k \times c\)).
Conductimètre Conductivité \(\sigma\) Des ions apparaissent ou disparaissent.
pH-mètre pH Des ions \(\mathrm{H_3O^+}\) ou \(\mathrm{HO^-}\) sont consommés ou produits.
Manomètre Pression P Un gaz se forme ou est consommé, dans un récipient fermé.

On peut aussi effectuer des prélèvements réguliers, les refroidir brutalement (trempe) pour stopper la réaction, puis les doser par titrage.

📖
Quel capteur choisir pour suivre chacune des transformations suivantes ?
  • La décoloration des ions permanganate \(\mathrm{MnO_4^-}\) (violets) par l'acide oxalique.
  • La décomposition de l'eau oxygénée, \(\mathrm{2H_2O_{2\,(aq)} \rightarrow 2H_2O_{(l)} + O_{2\,(g)}}\), dans un flacon fermé.
  • Les ions permanganate sont la seule espèce colorée : on suit la diminution de l'absorbance avec un spectrophotomètre.
  • La réaction produit un gaz, le dioxygène : dans un flacon fermé, la pression augmente. On utilise un manomètre (capteur de pression).

Les facteurs cinétiques

Un facteur cinétique est un paramètre qui modifie la vitesse d'évolution d'un système chimique. Au programme, nous en retiendrons deux :

  • La température : plus elle est élevée, plus la transformation est rapide.
  • La concentration des réactifs : plus elle est élevée, plus la transformation est rapide.
On verse de l'acide chlorhydrique dans une solution de thiosulfate de sodium placée au-dessus d'une croix noire. Il se forme peu à peu du soufre solide qui opacifie la solution. En mesurant la durée au bout de laquelle la croix disparaît, on constate qu'elle est plus courte lorsque la solution est plus chaude ou plus concentrée.

Ces facteurs ont de nombreuses applications au quotidien :

  • on ralentit la dégradation des aliments en les plaçant au réfrigérateur ;
  • on accélère la cuisson en utilisant une cocotte-minute (température plus élevée) ;
  • on stoppe une réaction avant un dosage par une trempe : refroidissement et dilution dans de l'eau glacée.
La vitesse d'évolution d'un système augmente avec la température et avec la concentration des réactifs.

La catalyse

Un catalyseur est une espèce chimique qui accélère une transformation chimique sans être consommée par celle-ci.

Propriétés d'un catalyseur :

  • il est retrouvé intact à la fin de la transformation : il n'apparaît pas dans l'équation de la réaction (on l'écrit parfois au-dessus de la flèche) ;
  • il ne modifie pas l'état final du système, seulement la durée pour l'atteindre ;
  • il est souvent sélectif : il n'accélère qu'une réaction particulière.

On distingue trois types de catalyse :

  • homogène : le catalyseur et les réactifs sont dans la même phase (par exemple tous en solution aqueuse) ;
  • hétérogène : le catalyseur est dans une phase différente, souvent un solide (par exemple le platine des pots catalytiques) ;
  • enzymatique : le catalyseur est une enzyme, une protéine produite par les êtres vivants.
La décomposition de l'eau oxygénée \(\mathrm{2H_2O_2 \rightarrow 2H_2O + O_2}\) est très lente à température ambiante. Elle devient rapide (effervescence) lorsqu'on ajoute des ions fer(III) \(\mathrm{Fe^{3+}}\) (catalyse homogène), un fil de platine (catalyse hétérogène) ou un morceau de navet qui contient une enzyme, la catalase (catalyse enzymatique).
📖
On réalise deux fois la même réaction, avec et sans ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\). Avec les ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\), l'état final est atteint en 2 minutes au lieu de 30. En fin de réaction, on retrouve la même quantité d'ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\) qu'au départ. Que peut-on conclure ?

Les ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\) accélèrent la transformation et ne sont pas consommés : ils jouent le rôle de catalyseur. Comme ils sont en solution avec les réactifs, il s'agit d'une catalyse homogène.

Vitesses volumiques et temps de demi-réaction

Considérons une transformation \(\mathrm{A \rightarrow P}\) réalisée dans un volume V constant.

La vitesse volumique de disparition d'un réactif A et la vitesse volumique d'apparition d'un produit P s'écrivent :

\[ v_{\mathrm{disp}}(A) = -\dfrac{d[\mathrm{A}]}{dt} \qquad\qquad v_{\mathrm{app}}(P) = \dfrac{d[\mathrm{P}]}{dt} \]

Elles s'expriment en \(\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot s^{-1}}\) (ou en \(\mathrm{mol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}}\)…).

  • Le signe « − » rend la vitesse de disparition positive, puisque [A] diminue.
  • À un instant t, la vitesse se détermine graphiquement : c'est la valeur absolue du coefficient directeur de la tangente à la courbe [A] = f(t) à cet instant.
  • En général, la vitesse diminue au cours du temps, car la concentration des réactifs diminue (c'est un facteur cinétique !).
Le temps de demi-réaction \(t_{1/2}\) est la durée au bout de laquelle l'avancement atteint la moitié de sa valeur finale. Lorsque le réactif A est entièrement consommé, c'est la durée au bout de laquelle sa concentration a été divisée par deux : \([\mathrm{A}]_{(t_{1/2})} = \dfrac{[\mathrm{A}]_0}{2}\).
Déplacez l'instant t : la tangente orange donne la vitesse de disparition.
[A] réactif [P] produit tangente : sa pente donne la vitesse

Observez que la tangente est de moins en moins inclinée : la vitesse de disparition diminue au cours du temps. Augmentez k (ce qui revient à chauffer) : le temps de demi-réaction diminue, la transformation est plus rapide.

Loi de vitesse d'ordre 1

Une réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport au réactif A si sa vitesse de disparition est proportionnelle à sa concentration :
\[ v_{\mathrm{disp}}(A) = -\dfrac{d[\mathrm{A}]}{dt} = k \times [\mathrm{A}] \]
k est la constante de vitesse (en \(\mathrm{s^{-1}}\) ou \(\mathrm{min^{-1}}\)) : elle augmente avec la température.

La solution de cette équation différentielle (vue en mathématiques) est une exponentielle décroissante :

\[ [\mathrm{A}](t) = [\mathrm{A}]_0 \times e^{-k t} \]

On en déduit le temps de demi-réaction : \( \dfrac{[\mathrm{A}]_0}{2} = [\mathrm{A}]_0 \times e^{-k t_{1/2}} \) soit \( t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{k} \). Il ne dépend pas de la concentration initiale.

Pour savoir si une réaction suit une loi d'ordre 1, on peut vérifier, à partir des données expérimentales, que :

  • la courbe \(v = f([\mathrm{A}])\) est une droite passant par l'origine, de coefficient directeur k ;
  • ou que la concentration est divisée par deux pendant chaque durée \(t_{1/2}\) : le temps de demi-réaction est constant.

🐍 Capacité numérique : le programme Python ci-dessous calcule la vitesse de disparition à partir de mesures, par la méthode des différences finies, puis teste la relation \(v = k \times [\mathrm{A}]\).

import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt

# Mesures expérimentales
t = np.array([0, 10, 20, 30, 40, 60, 80])                 # temps en min
C = np.array([80.0, 56.6, 40.0, 28.3, 20.0, 10.0, 5.0])   # [A] en mmol/L

# Vitesse de disparition entre deux mesures : v = -ΔC/Δt
v = -(C[1:] - C[:-1]) / (t[1:] - t[:-1])
Cm = (C[1:] + C[:-1]) / 2       # concentration moyenne sur chaque intervalle

# Modélisation par une droite : v = a × [A] + b
a, b = np.polyfit(Cm, v, 1)
print("k =", round(a, 4), "min-1   ordonnée à l'origine :", round(b, 3))

plt.plot(Cm, v, 'o', label="mesures")
plt.plot(Cm, a * Cm + b, '-', label="modélisation")
plt.xlabel("[A] (mmol/L)")
plt.ylabel("v (mmol/L/min)")
plt.legend()
plt.show()

On obtient une droite passant quasiment par l'origine (\(b \approx 0\)) de coefficient directeur \(k \approx 0{,}034\ \mathrm{min^{-1}}\) : la réaction suit bien une loi de vitesse d'ordre 1.






Modélisation microscopique

Mécanisme réactionnel

L'équation d'une réaction décrit le bilan global d'une transformation. Mais à l'échelle microscopique, la réaction se déroule le plus souvent en plusieurs étapes.

  • Un acte élémentaire est une réaction qui se produit réellement à l'échelle microscopique, en une seule étape, lors d'un choc entre entités.
  • Le mécanisme réactionnel est l'ensemble des actes élémentaires qui modélisent la transformation.
  • Un intermédiaire réactionnel est une espèce formée au cours d'un acte élémentaire puis consommée dans un acte suivant. Il n'apparaît pas dans l'équation de la réaction.

La décomposition de l'eau oxygénée en présence d'ions iodure \(\mathrm{I^-}\) se déroule en deux actes élémentaires :

\[ \begin{aligned} &(1)\quad \mathrm{H_2O_2 + I^- \rightarrow IO^- + H_2O} \\ &(2)\quad \mathrm{H_2O_2 + IO^- \rightarrow I^- + H_2O + O_2} \end{aligned} \]

En additionnant les deux actes et en simplifiant les espèces présentes de part et d'autre, on obtient l'équation de la réaction : \(\mathrm{2H_2O_2 \rightarrow 2H_2O + O_2}\).

📖
Dans le mécanisme ci-dessus, identifier l'intermédiaire réactionnel. Quel est le rôle des ions iodure \(\mathrm{I^-}\) ?
  • L'ion hypoiodite \(\mathrm{IO^-}\) est formé dans l'acte (1) puis consommé dans l'acte (2) : c'est un intermédiaire réactionnel.
  • L'ion iodure \(\mathrm{I^-}\) est consommé dans l'acte (1) puis régénéré dans l'acte (2) : il n'est pas consommé globalement, c'est un catalyseur.

Le formalisme de la flèche courbe

Au cours d'un acte élémentaire, des liaisons se forment et se rompent : ce sont des mouvements de doublets d'électrons. On les représente par des flèches courbes.

  • Une flèche courbe part d'un site donneur de doublet d'électrons (riche en électrons) : un doublet non liant ou une liaison.
  • Elle pointe vers un site accepteur (pauvre en électrons) : un atome portant une charge positive ou une charge partielle \(\delta^+\).

Réaction entre l'ion hydroxyde et l'ion hydrogène : un doublet non liant de l'oxygène forme une nouvelle liaison avec \(\mathrm{H^+}\).

H O – + H + ⟶ H O H

Réaction entre l'ion hydroxyde et le bromométhane : la liaison C–Br est polarisée (le brome est plus électronégatif que le carbone). Le doublet de l'oxygène attaque le carbone \(\delta^+\) pendant que le doublet de la liaison C–Br part sur le brome.

H O – H₃C δ+ Br δ− ⟶ H₃C–OH + Br⁻
📖
L'ammoniac \(\mathrm{NH_3}\) réagit avec l'ion hydrogène \(\mathrm{H^+}\) pour former l'ion ammonium \(\mathrm{NH_4^+}\). Représenter la flèche courbe de cet acte élémentaire en justifiant son sens.
💡 Indice Commencez par écrire le schéma de Lewis de \(\mathrm{NH_3}\) : l'atome d'azote possède-t-il un doublet non liant ?
N H H H H + ⟶ NH₄⁺

La flèche part du doublet non liant de l'azote (site donneur, riche en électrons) et pointe vers l'ion \(\mathrm{H^+}\) (site accepteur, chargé positivement). Ce doublet devient la quatrième liaison N–H de l'ion ammonium.

Catalyseur et mécanisme

Un catalyseur modifie le mécanisme réactionnel : il permet à la transformation de se dérouler selon un autre chemin, constitué d'actes élémentaires plus rapides.

À l'échelle microscopique, un catalyseur est consommé dans un acte élémentaire puis régénéré dans un acte suivant. Globalement, il n'est donc pas consommé et n'apparaît pas dans l'équation de la réaction.
Ne pas confondre : un intermédiaire réactionnel est formé puis consommé ; un catalyseur est consommé puis régénéré. Dans l'exemple de l'eau oxygénée, \(\mathrm{IO^-}\) est un intermédiaire réactionnel et \(\mathrm{I^-}\) un catalyseur.

Interprétation microscopique des facteurs cinétiques

Pour qu'un acte élémentaire se produise, les entités réactives doivent se rencontrer : il faut un choc. Mais tous les chocs ne sont pas suivis d'une réaction : seuls les chocs suffisamment énergétiques sont efficaces.

  • Lorsque la concentration augmente, les entités sont plus nombreuses dans un même volume : la fréquence des chocs augmente.
  • Lorsque la température augmente, l'agitation des entités augmente : les chocs sont plus fréquents et surtout plus énergétiques, donc plus souvent efficaces.
Les entités A (bleu) et B (orange) forment C (vert) lors d'un choc efficace.
A B C, formé par A + B → C

Comparez le nombre de chocs efficaces par seconde en faisant varier la température, puis le nombre d'entités. Remarquez aussi que les chocs efficaces se raréfient au cours du temps : les réactifs s'épuisent et la vitesse diminue.

La vitesse d'une réaction augmente avec la fréquence des chocs (concentration, température) et avec leur efficacité (température).

Bilan

L'essentiel à retenir du chapitre.

Suivi temporel

  • Transformation rapide : achevée dès le contact des réactifs ; lente : dure de quelques secondes à plusieurs jours.
  • Capteur adapté : spectrophotomètre (espèce colorée), conductimètre (ions), pH-mètre, manomètre (gaz).

Facteurs cinétiques et catalyse

  • La vitesse augmente avec la température et la concentration des réactifs.
  • Un catalyseur accélère la réaction sans être consommé et ne modifie pas l'état final.
  • Catalyse homogène, hétérogène ou enzymatique.

Vitesses et temps de demi-réaction

  • Vitesse à l'instant t : pente de la tangente à la courbe (en valeur absolue pour un réactif).
  • \(t_{1/2}\) : durée pour atteindre la moitié de l'avancement final.
\[ \begin{aligned} & v_{\mathrm{disp}}(A) = -\dfrac{d[\mathrm{A}]}{dt} \\ & v_{\mathrm{app}}(P) = \dfrac{d[\mathrm{P}]}{dt} \end{aligned} \]

Loi de vitesse d'ordre 1

  • \(t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{k}\) est constant : il ne dépend pas de \([\mathrm{A}]_0\).
  • Test : \(\dfrac{v}{[\mathrm{A}]}\) constant, ou \(v = f([\mathrm{A}])\) droite passant par l'origine.
\[ \begin{aligned} & v = k \times [\mathrm{A}] \\ & [\mathrm{A}](t) = [\mathrm{A}]_0 \times e^{-k t} \end{aligned} \]

Mécanisme réactionnel

  • Acte élémentaire : réaction qui se produit en une seule étape, lors d'un choc entre entités.
  • Intermédiaire réactionnel : formé puis consommé ; catalyseur : consommé puis régénéré.
  • Flèche courbe : du site donneur (doublet non liant, liaison) vers le site accepteur (charge +, \(\delta^+\)).

Interprétation microscopique

  • Une réaction nécessite des chocs efficaces entre entités.
  • Concentration plus grande : chocs plus fréquents.
  • Température plus grande : chocs plus fréquents et plus efficaces.

Exercices

Exercice 1 : texte à trous

📝 Sélectionne les bonnes réponses :

Exercice 2 : Vrai ou faux ?

📝 Réponds par Vrai ou Faux :

Exercice 3 : QCM

📝 Une réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1 par rapport au réactif A. Parmi les affirmations suivantes, lesquelles sont exactes ?
  • La vitesse de disparition de A est proportionnelle à [A].
  • La vitesse de disparition de A reste constante au cours du temps.
  • Le temps de demi-réaction ne dépend pas de la concentration initiale.
  • Si on double la concentration initiale, le temps de demi-réaction double.
  • La courbe représentant la vitesse en fonction de [A] est une droite passant par l'origine.
  • La constante de vitesse k ne dépend pas de la température.

Exercice 4 : Décomposition de l'eau oxygénée 📄 ✏️ 🧮


On suit la décomposition de l'eau oxygénée \(\mathrm{2H_2O_2 \rightarrow 2H_2O + O_2}\), catalysée par des ions fer(III), en dosant régulièrement l'eau oxygénée restante. On obtient les résultats suivants :

t (min) 0102030406080
[H₂O₂] (mmol/L) 80,056,640,028,320,010,05,0

📖
1. Déterminer le temps de demi-réaction \(t_{1/2}\).
💡 Indice L'eau oxygénée est entièrement décomposée en fin de réaction : cherchez à quel instant sa concentration vaut la moitié de sa valeur initiale.

\([\mathrm{H_2O_2}]_0 = 80{,}0\ \mathrm{mmol/L}\) : on cherche l'instant où la concentration vaut \(40{,}0\ \mathrm{mmol/L}\). D'après le tableau, \(t_{1/2} = 20\ \text{min}\).

📖
2. Montrer que la réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1.
💡 Indice Pour une loi d'ordre 1, le temps de demi-réaction est constant : la concentration est divisée par deux pendant chaque durée \(t_{1/2}\). Vérifiez-le sur plusieurs intervalles du tableau.
  • De t = 0 à t = 20 min : 80,0 → 40,0 mmol/L, divisée par deux.
  • De t = 20 à t = 40 min : 40,0 → 20,0 mmol/L, divisée par deux.
  • De t = 40 à t = 60 min : 20,0 → 10,0 mmol/L, divisée par deux.

La concentration est divisée par deux toutes les 20 min, quelle que soit sa valeur : le temps de demi-réaction est constant, la réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1.

📖
3. En déduire la constante de vitesse k.
💡 Indice Utilisez la relation entre le temps de demi-réaction et la constante de vitesse pour une loi d'ordre 1.

\( t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{k} \) donc :

\( k = \dfrac{\ln 2}{t_{1/2}} = \dfrac{\ln 2}{20} \simeq 3{,}5 \times 10^{-2}\ \mathrm{min^{-1}} \)
📖
4. Calculer la vitesse volumique de disparition de l'eau oxygénée à l'instant initial.
💡 Indice Pour une loi d'ordre 1, la vitesse est proportionnelle à la concentration, avec k comme coefficient de proportionnalité.
\( v_0 = k \times [\mathrm{H_2O_2}]_0 = 3{,}5 \times 10^{-2} \times 80{,}0 \simeq 2{,}8\ \mathrm{mmol\cdot L^{-1}\cdot min^{-1}} \)

On pourrait aussi la déterminer graphiquement, avec la pente de la tangente à la courbe à t = 0.

Exercice 5 : Un mécanisme catalysé 📄 ✏️


La réaction entre les ions peroxodisulfate \(\mathrm{S_2O_8^{2-}}\) et les ions iodure \(\mathrm{I^-}\) est lente. On l'accélère en ajoutant des ions fer(II). Le mécanisme proposé comporte deux actes élémentaires :

\[ \begin{aligned} &(1)\quad \mathrm{S_2O_8^{2-} + 2\,Fe^{2+} \rightarrow 2\,SO_4^{2-} + 2\,Fe^{3+}} \\ &(2)\quad \mathrm{2\,Fe^{3+} + 2\,I^- \rightarrow 2\,Fe^{2+} + I_2} \end{aligned} \]

📖
1. Identifier l'intermédiaire réactionnel et le catalyseur.
💡 Indice Repérez l'espèce qui apparaît dans l'acte (1) puis disparaît dans l'acte (2), et celle qui fait l'inverse.
  • Les ions \(\mathrm{Fe^{3+}}\) sont formés dans l'acte (1) puis consommés dans l'acte (2) : ce sont les intermédiaires réactionnels.
  • Les ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\) sont consommés dans l'acte (1) puis régénérés dans l'acte (2) : ce sont les catalyseurs.
📖
2. Établir l'équation de la réaction modélisée par ce mécanisme.
💡 Indice Additionnez les deux actes élémentaires, puis supprimez les espèces qui apparaissent en même quantité de part et d'autre de la flèche.

En additionnant (1) et (2) : \(\mathrm{S_2O_8^{2-} + 2Fe^{2+} + 2Fe^{3+} + 2I^- \rightarrow 2SO_4^{2-} + 2Fe^{3+} + 2Fe^{2+} + I_2}\).

Les ions \(\mathrm{Fe^{2+}}\) et \(\mathrm{Fe^{3+}}\) se simplifient :

\( \mathrm{S_2O_8^{2-} + 2\,I^- \rightarrow 2\,SO_4^{2-} + I_2} \)

Comme attendu, ni le catalyseur ni l'intermédiaire réactionnel n'apparaissent dans l'équation.

📖
3. Le diiode \(\mathrm{I_2}\) formé colore la solution en jaune-brun. Proposer une méthode pour suivre l'évolution de cette transformation au cours du temps.
💡 Indice Une seule espèce colorée se forme : quel appareil mesure une grandeur proportionnelle à sa concentration ?

On mesure l'absorbance de la solution au cours du temps avec un spectrophotomètre, réglé sur une longueur d'onde absorbée par le diiode. D'après la loi de Beer-Lambert, l'absorbance est proportionnelle à \([\mathrm{I_2}]\) : on accède ainsi à l'évolution de sa concentration.

Exercice 6 : Capacité numérique 🐍


Un élève veut tester si la réaction de l'exercice 4 suit une loi de vitesse d'ordre 1. Il écrit le programme suivant :

import numpy as np

# Mesures de l'exercice 4
t = np.array([0, 10, 20, 30, 40, 60, 80])                 # temps en min
C = np.array([80.0, 56.6, 40.0, 28.3, 20.0, 10.0, 5.0])   # [H2O2] en mmol/L

# Vitesse de disparition entre deux mesures successives : v = -ΔC/Δt
v = -(C[1:] - C[:-1]) / (t[1:] - t[:-1])

# Concentration moyenne sur chaque intervalle
Cm = (C[1:] + C[:-1]) / 2

# Rapport vitesse / concentration
print(np.round(v / Cm, 3))

Le programme affiche : [0.034 0.034 0.034 0.034 0.033 0.033]


📖
1. Si la réaction suit une loi de vitesse d'ordre 1, quelle doit être la caractéristique du rapport \(\dfrac{v}{[\mathrm{H_2O_2}]}\) ?
💡 Indice Écrivez la loi de vitesse d'ordre 1, puis divisez les deux membres par la concentration.

Pour une loi d'ordre 1, \(v = k \times [\mathrm{H_2O_2}]\), donc :

\( \dfrac{v}{[\mathrm{H_2O_2}]} = k \)

Le rapport doit être constant au cours du temps et égal à la constante de vitesse k.

📖
2. Dans la ligne v = -(C[1:] - C[:-1]) / (t[1:] - t[:-1]), pourquoi y a-t-il un signe « − » ?
💡 Indice La concentration de l'eau oxygénée augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? Quel est alors le signe de \(\Delta C\) ?

L'eau oxygénée est consommée : sa concentration diminue, donc \(\Delta C\) est négatif. Le signe « − » rend la vitesse de disparition positive, comme dans la définition \(v = -\dfrac{d[\mathrm{H_2O_2}]}{dt}\).

📖
3. À l'aide du résultat affiché par le programme, conclure et donner la valeur de k.
💡 Indice Le rapport affiché varie-t-il au cours du temps ? Comparez avec votre réponse à la question 1.

Le rapport \(\dfrac{v}{[\mathrm{H_2O_2}]}\) est quasiment constant : la réaction suit bien une loi de vitesse d'ordre 1, avec \(k \approx 0{,}034\ \mathrm{min^{-1}}\).

Cette valeur est cohérente avec celle trouvée à l'exercice 4 : \(k = \dfrac{\ln 2}{20} \simeq 0{,}035\ \mathrm{min^{-1}}\).