Spécialité physique chimie Terminale
Au début du XVIIe siècle, l'astronome Johannes Kepler étudie les tables astronomiques de l'astronome Tycho Brahe nommé mathématicien impérial à Prague par l'empereur Rodolphe II. Ce sont les meilleures et les plus précises de leur temps.
Après un long et laborieux travail, il publie d'abord en 1609, puis en 1618 les trois lois qui portent son nom. Des lois qui ne sont que des principes car seulement issues de l'observation.
Moins d'un siècle plus tard, Isaac Newton démontrera ces trois lois en leur donnant un sens physique.
La première loi s'énonce ainsi:
Mais au fait, qu'est-ce qu'un foyer?
Énoncé de la deuxième loi:
Cette deuxième loi, dont l'énoncé peut paraitre étrange fait référence à la variabilité de la vitesse des planètes dans leur course autour du Soleil comme le montre l'animation. La vitesse est maximale au périhélie (au plus proche du Soleil) et minimale à l'aphélie.
Dans le cas d'une trajectoire circulaire, les aires sont égales, le mouvement est uniforme.
Ce n'est que neuf ans après avoir énoncé les deux premières dans un livre intitulé Astronomia nova que Kepler, dans un long processus d'essais et d'erreurs, parvient à énoncer sa troisième loi:
Appliquons la troisième loi: \( \dfrac{T^2}{a^3} = C \)
Le rapport étant identique pour les deux planètes: \( \dfrac{T_{J}^2}{r_{J}^3} =
\dfrac{T_{T}^2}{r_{T}^3} \)
Isolons \(T_J \): \( T_J = \sqrt{\dfrac{T_T^2 \times r_J^3}{r_T^3}} \)
Application numérique :
Il est rarement nécessaire de convertir les unités, elles doivent seulement être cohérentes entre elles.
Comment décrire le mouvement d'un objet sur une trajectoire curviligne ?
Le point représenté en noir sur le schéma ci-contre suit une trajectoire curviligne.
On définit la base de Frénet par son centre (la position de l'objet), le vecteur unitaire \(\vec{t}\) tangent à la trajectoire et le vecteur \(\vec{n}\) perpendiculaire et dirigé vers le point O, le centre de courbure (cercle pointillé de rayon r).
Les vecteurs \(\vec{t}\) et \(\vec{n}\) sont parfois appelés \(\vec{u}_t\) et \(\vec{u}_n\).
On remarque immédiatement que le vecteur vitesse \(\vec{v}\) est tangent à la trajectoire et donc colinéaire à \(\vec{t}\). Le vecteur accélération \(\vec{a}\) n'étant pas encore connu, il est dessiné ici « au hasard ».
Exprimons donc le vecteur vitesse :
Donnons maintenant l'expression du vecteur accélération :
r est le rayon du cercle en pointillés sur la figure.
Dans toute l'étude qui va suivre, nous prendrons l'exemple du mouvement de la Terre autour du Soleil que nous considérerons toujours comme circulaire, comme c'est le cas dans le programme de terminale.
👉 Le référentiel d'étude est le référentiel héliocentrique considéré comme galiléen.
👉 Bilan des forces : la Terre de masse \(M_T\) n'est soumise qu'à la force gravitationnelle \(\vec{F}_{\mathrm{S/T}}\) que le Soleil de masse \(M_S\) exerce sur elle. Cette force attractive dirigée de T vers S est représentée sur le schéma précédent. Remarquons tout de suite qu'elle est colinéaire à \(\vec{n}\). Cette force étudiée en classe de seconde s'écrit donc :
Le bilan des forces s'écrit donc : \(\sum \vec{F} = \vec{F}_{\mathrm{S/T}} = G\,\dfrac{M_S \, M_T}{r^2}\;\vec{n}\)
Dans le référentiel héliocentrique, on peut appliquer la deuxième loi de Newton à la Terre pour trouver l'expression du vecteur accélération :
D'après le bilan des forces effectué dans la partie précédente, nous pouvons écrire : \( \cancel{M_T}\times \vec{a} = G\,\dfrac{M_S \, \cancel{M_T}}{r^2}\;\vec{n}\)
La masse de la Terre se simplifie, nous avons l'expression finale du vecteur accélération :
Trois remarques fondamentales s'imposent :
Or, dans la base de Frénet, le vecteur accélération s'écrit : \( \vec{a} \left| \begin{aligned} a_t &= \dfrac{dv}{dt} \\ a_n &= \dfrac{v^2}{r} \end{aligned} \right. \)
L'accélération étant centripète, elle n'a pas de composante sur l'axe tangentiel :
\(a_t = \dfrac{dv}{dt} = 0\).
Donc le vecteur accélération s'écrit finalement :
\(
\vec{a}
\left|
\begin{aligned}
a_t &= 0 \\
a_n &= \dfrac{v^2}{r}
\end{aligned}
\right.
\)
Cochez les trois vecteurs et observez d'abord le cas d'une orbite circulaire (e = 0) :
Augmentez maintenant l'excentricité (non exigible en terminale) :
Nous disposons maintenant de deux expressions de la norme de l'accélération :
En les égalant, on obtient : \( \dfrac{v^2}{r} = G\,\dfrac{M_S}{r^2} \) puis \( v^2 = \dfrac{G\,M_S}{r} \).
On obtient :
La période de révolution T est la durée d'un tour complet. Le mouvement étant uniforme, la planète parcourt le périmètre du cercle \(2\pi r\) à la vitesse v pendant la durée T : \( v = \dfrac{2\pi r}{T} \) soit \( T = \dfrac{2\pi r}{v} \).
En remplaçant v par son expression : \( T = 2\pi r \times \sqrt{\dfrac{r}{G\,M_S}} \).
On obtient :
⚠️ Les formules utilisent les unités du système international : il faut convertir le rayon en mètres, \(r = 1{,}50 \times 10^{11}\ \text{m}\).
Vitesse :
Soit environ 30 km par seconde, ou plus de 100 000 km/h !
Période :
Convertissons en jours : \( T \simeq \dfrac{3{,}17 \times 10^{7}}{24 \times 3600} \simeq 367\ \text{jours} \), soit environ un an : le résultat est cohérent !
Partons de l'expression de la période obtenue dans la partie précédente, \( T = 2\pi\sqrt{\dfrac{r^3}{G\,M_S}} \), et élevons-la au carré : \( T^2 = \dfrac{4\pi^2\,r^3}{G\,M_S} \).
En divisant les deux membres par \(r^3\), on obtient :
Le membre de droite ne contient que des constantes : \(4\pi^2\), G et la masse du Soleil \(M_S\). Il est donc le même pour toutes les planètes du système solaire.
Cette relation a une conséquence remarquable : en mesurant la période et le rayon de l'orbite d'une planète ou d'un satellite, on peut déterminer la masse de l'astre central.
On isole \(M_S\) dans la relation \( \dfrac{T^2}{r^3} = \dfrac{4\pi^2}{G\,M_S} \) :
⚠️ La période doit être exprimée en secondes : \( T = 365{,}25 \times 24 \times 3600 \simeq 3{,}156 \times 10^{7}\ \text{s} \).
Application numérique :
On retrouve bien la masse du Soleil, environ 330 000 fois celle de la Terre !
L'essentiel à retenir du chapitre.
Un objet M décrit une trajectoire curviligne. On étudie son mouvement dans la base de Frénet \((M, \vec{t}, \vec{n})\).
Saturne, la sixième planète du système solaire, décrit autour du Soleil une orbite que l'on considérera circulaire. On donne les caractéristiques des orbites de Mars et de Saturne :
D'après la troisième loi de Kepler, le rapport \( \dfrac{T^2}{r^3} \) est le même pour toutes les planètes du système solaire : \( \dfrac{T_S^2}{r_S^3} = \dfrac{T_M^2}{r_M^3} \).
Isolons \(T_S\) : \( T_S^2 = \dfrac{T_M^2 \times r_S^3}{r_M^3} \) soit \( T_S = \sqrt{\dfrac{T_M^2 \times r_S^3}{r_M^3}} \).
Application numérique : les rayons étant dans la même unité, inutile de les convertir.
Saturne met près de 30 ans à faire le tour du Soleil : une vie humaine ne dure que 2 à 3 « années saturniennes » !
La Station spatiale internationale (ISS) tourne autour de la Terre sur une orbite que l'on considère circulaire, à l'altitude h. On étudie son mouvement dans le référentiel géocentrique, considéré comme galiléen.
Le rayon de l'orbite est la distance entre le centre de la Terre et l'ISS : \( r = R_T + h \).
\( r = 6\,370 + 400 = 6\,770\ \text{km} \), soit \( r = 6{,}77 \times 10^{6}\ \text{m} \).
⚠️ Erreur classique : oublier d'ajouter le rayon de la Terre et prendre r = h.
L'ISS de masse m n'est soumise qu'à la force gravitationnelle de la Terre : \( \vec{F}_{\mathrm{T/ISS}} = G\,\dfrac{M_T\,m}{r^2}\;\vec{n} \).
Deuxième loi de Newton : \( m\,\vec{a} = G\,\dfrac{M_T\,m}{r^2}\;\vec{n} \) donc \( \vec{a} = G\,\dfrac{M_T}{r^2}\;\vec{n} \).
Dans la base de Frénet, \( a_n = \dfrac{v^2}{r} \). En égalant : \( \dfrac{v^2}{r} = G\,\dfrac{M_T}{r^2} \) soit \( v = \sqrt{\dfrac{G\,M_T}{r}} \).
Soit environ 7,7 km par seconde, près de 28 000 km/h !
Le mouvement est circulaire et uniforme : l'ISS parcourt \(2\pi r\) pendant T, donc \( T = \dfrac{2\pi r}{v} \).
Soit \( T \simeq \dfrac{5\,550}{60} \simeq 92\ \text{min} \) : l'ISS fait le tour de la Terre en une heure et demie environ.
Une journée dure \( 24 \times 3\,600 = 86\,400\ \text{s} \).
\( \dfrac{86\,400}{5\,550} \simeq 15{,}6 \) : l'ISS fait environ 16 tours de la Terre par jour. Les astronautes à bord voient donc 16 levers de Soleil chaque jour !
Un satellite géostationnaire paraît immobile pour un observateur terrestre : il reste en permanence à la verticale du même point A de l'équateur. C'est le cas des satellites de télécommunication et de météorologie.
On étudie son mouvement, supposé circulaire, dans le référentiel géocentrique considéré comme galiléen.
Le satellite doit tourner dans le même sens que la Terre et faire un tour pendant qu'elle fait un tour sur elle-même : sa période est égale à la période de rotation de la Terre.
\( T = 24\ \text{h} = 24 \times 3\,600 = 86\,400\ \text{s} \) soit \( T = 8{,}64 \times 10^{4}\ \text{s} \).
Pour un satellite de la Terre, la troisième loi de Kepler s'écrit \( \dfrac{T^2}{r^3} = \dfrac{4\pi^2}{G\,M_T} \).
On isole \(r^3\) : \( r^3 = \dfrac{G\,M_T\,T^2}{4\pi^2} \), puis on prend la racine cubique :
Le rayon de l'orbite se mesure depuis le centre de la Terre : \( r = R_T + h \), donc \( h = r - R_T \).
\( h = 4{,}22 \times 10^{7} - 6{,}37 \times 10^{6} \simeq 3{,}58 \times 10^{7}\ \text{m} \) soit environ 36 000 km.
Tous les satellites géostationnaires se trouvent donc sur la même orbite, à près de 36 000 km au-dessus de l'équateur, presque 100 fois plus haut que l'ISS !
Environ 3 km/s : plus lent que l'ISS (7,7 km/s), car il est beaucoup plus loin de la Terre. On retrouve le résultat du cours : plus l'orbite est grande, plus la vitesse est faible.