Spécialité physique chimie Terminale
Un fluide (liquide ou gaz) exerce sur toute surface en contact avec lui une force pressante, perpendiculaire à la surface et dirigée vers elle. Sa valeur est liée à la pression P du fluide :
avec F en newtons (N), P en pascals (Pa) et S en mètres carrés (m²).
Loi fondamentale de la statique des fluides (vue en première) : dans un fluide incompressible au repos, de masse volumique \(\rho\), la pression augmente avec la profondeur. Pour deux points A et B d'altitudes \(z_A\) et \(z_B\) :
Considérons un cube entièrement immergé dans un liquide. Chaque face subit une force pressante :
D'après la loi de la statique des fluides, \(P_{\mathrm{bas}} - P_{\mathrm{haut}} = \rho \, g \, a\). La résultante, dirigée vers le haut, vaut :
On retrouve le poids du liquide qui occuperait le volume du cube : c'est exactement l'expression de la poussée d'Archimède.
Tout corps immergé, totalement ou partiellement, dans un fluide au repos subit de la part de ce fluide une force appelée poussée d'Archimède, opposée au poids du fluide déplacé :
Caractéristiques de la poussée d'Archimède :
Un objet plein et homogène, de masse volumique \(\rho_{\mathrm{o}}\) et de volume V, est lâché dans un liquide. Il est soumis à son poids \(P = \rho_{\mathrm{o}} \, V \, g\) et à la poussée d'Archimède. S'il était totalement immergé, celle-ci vaudrait \(\Pi = \rho_{\mathrm{f}} \, V \, g\). On compare donc les masses volumiques :
À l'équilibre d'un objet qui flotte : \(\rho_{\mathrm{f}} \, V_{\mathrm{im}} \, g = \rho_{\mathrm{o}} \, V \, g\), d'où la fraction immergée :
Essayez le bois (600 kg/m³), la glace (917 kg/m³) dans l'eau douce puis dans l'eau de mer (1025 kg/m³), et l'aluminium (2700 kg/m³). Cochez « forces pressantes » : elles sont plus grandes en bas qu'en haut, et celles des faces latérales se compensent.
La coque du bateau est creuse : elle contient beaucoup d'air. Le volume d'eau déplacé est donc très grand pour une masse donnée. La masse volumique moyenne du bateau (acier + air) est inférieure à celle de l'eau, et la poussée d'Archimède peut compenser son poids. Le clou, lui, est plein : sa masse volumique est celle de l'acier.
On suspend un objet à un dynamomètre. Dans l'air, le dynamomètre indique le poids P. On plonge ensuite l'objet entièrement dans l'eau : le dynamomètre indique une valeur plus faible, le poids apparent \(P_{\mathrm{app}}\). La différence est due à la poussée d'Archimède :
En mesurant le volume de l'objet (par exemple avec une éprouvette graduée, par déplacement d'eau), on vérifie que \(\Pi = \rho_{\mathrm{eau}} \, V \, g\). On peut aussi refaire l'expérience dans de l'eau salée : la poussée est plus grande.
Pendant une durée \(\Delta t\), le fluide qui traverse la section S, à la vitesse v, occupe un cylindre de base S et de longueur \(v \, \Delta t\) :
Ce volume vaut \(V = S \times v \, \Delta t\), donc :
avec S en \(\mathrm{m^2}\) et v (vitesse moyenne du fluide dans la section) en \(\mathrm{m\cdot s^{-1}}\).
Le débit se conserve : \(S \, v = S' \, v'\) avec \(S' = \dfrac{S}{4}\), donc \(v' = \dfrac{S}{S'} \, v = 4 \, v\). L'eau sort 4 fois plus vite, et le jet va plus loin.
Pour un fluide incompressible, en écoulement permanent et dont on néglige les frottements (fluide parfait), on a, en tout point d'une même ligne de courant :
soit, entre deux points A et B de cette ligne de courant :
En A (surface libre) : \(P_A = P_{\mathrm{atm}}\), \(v_A \approx 0\), \(z_A = h\). En B (jet) : \(P_B = P_{\mathrm{atm}}\), \(z_B = 0\). La relation de Bernoulli donne :
C'est la vitesse qu'aurait l'eau après une chute libre de hauteur h.
Dans une conduite horizontale (\(z_A = z_B\)), la relation de Bernoulli s'écrit :
Les tubes verticaux sont des tubes manométriques : la hauteur d'eau y est d'autant plus grande que la pression est élevée dans la conduite. La dénivellation \(\Delta h\) mesure la différence de pression : \(P_A - P_B = \rho \, g \, \Delta h\). Augmentez le débit ou resserrez le tube : les particules accélèrent dans l'étranglement et la pression y chute.
Quelques applications de l'effet Venturi :
L'essentiel à retenir du chapitre.
Un objet métallique plein est suspendu à un dynamomètre. Dans l'air, le dynamomètre indique \(2{,}70\ \text{N}\). Lorsque l'objet est entièrement immergé dans l'eau, il indique \(1{,}70\ \text{N}\).
Données : \(\rho_{\mathrm{eau}} = 1{,}00 \times 10^3\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\) ; \(g = 9{,}8\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}\) ; masses volumiques : fer \(7\,870\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\), aluminium \(2\,700\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\), cuivre \(8\,960\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\). On néglige la poussée d'Archimède dans l'air.
Dans l'eau, l'objet subit la poussée d'Archimède, verticale et dirigée vers le haut : le dynamomètre n'a plus à compenser tout le poids. À l'équilibre, \(P = \Pi + P_{\mathrm{app}}\), donc :
\(\Pi = \rho_{\mathrm{eau}} \, V \, g\) donc :
\(m = \dfrac{P}{g} = \dfrac{2{,}70}{9{,}8} \approx 0{,}276\ \text{kg}\), puis :
Il s'agit d'aluminium. On remarque que g se simplifie : seul le rapport \(\dfrac{P}{\Pi}\) compte.
Un iceberg flotte sur l'océan. On l'assimile à un bloc de glace homogène.
Données : \(\rho_{\mathrm{glace}} = 917\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\) ; \(\rho_{\mathrm{mer}} = 1\,025\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\).
L'iceberg est soumis à son poids \(\vec{P}\) et à la poussée d'Archimède \(\vec{\Pi}\). Il est immobile : d'après le principe d'inertie, ces forces se compensent, \(\vec{P} + \vec{\Pi} = \vec{0}\), donc \(\Pi = P\).
\(\rho_{\mathrm{mer}} \, V_{\mathrm{im}} \, g = \rho_{\mathrm{glace}} \, V \, g\) donc :
Seulement 11 % environ du volume de l'iceberg dépasse de l'eau !
\(V_{\mathrm{em}} = V \left(1 - \dfrac{917}{1\,025}\right) = V \times \dfrac{108}{1\,025}\) donc :
Le volume total est presque dix fois plus grand que la partie visible.
Un tuyau d'arrosage a un diamètre intérieur \(d = 2{,}0\ \text{cm}\). L'eau y circule à la vitesse \(v = 1{,}5\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}\). On considère l'eau comme un fluide incompressible en écoulement permanent.
\(S = \pi \, r^2 = \pi \times (1{,}0 \times 10^{-2})^2 \approx 3{,}1 \times 10^{-4}\ \mathrm{m^2}\), donc :
La section est environ 6 fois plus petite, la vitesse est environ 6 fois plus grande : le jet porte beaucoup plus loin.
De l'eau circule en régime permanent dans un tube de Venturi horizontal. La section vaut \(S_A = 4{,}0\ \mathrm{cm^2}\) dans la partie large et \(S_B = 1{,}0\ \mathrm{cm^2}\) dans l'étranglement. Le débit volumique est \(D_V = 0{,}20\ \mathrm{L\cdot s^{-1}}\). Deux tubes manométriques permettent de mesurer la différence de pression entre A et B.
Données : \(\rho_{\mathrm{eau}} = 1{,}0 \times 10^3\ \mathrm{kg\cdot m^{-3}}\) ; \(g = 9{,}8\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}\) ; relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant : \(P + \dfrac{1}{2} \rho \, v^2 + \rho \, g \, z = \text{constante}\).
La section est 4 fois plus petite en B : la vitesse y est 4 fois plus grande.
Entre A et B : \(P_A + \dfrac{1}{2} \rho \, v_A^2 + \rho \, g \, z_A = P_B + \dfrac{1}{2} \rho \, v_B^2 + \rho \, g \, z_B\). Comme \(z_A = z_B\) :
\(P_A \gt P_B\) : la pression est plus faible dans l'étranglement, c'est l'effet Venturi.
Vous pouvez vérifier ce résultat avec l'animation du cours : débit 0,20 L/s et rapport des sections 4.
Les vitesses \(v_A\) et \(v_B\) sont proportionnelles au débit, donc \(\Delta h\) augmente avec le débit. Les sections étant connues, la mesure de \(\Delta h\) permet de remonter à \(P_A - P_B\), puis aux vitesses et enfin au débit : c'est le principe du débitmètre de Venturi.