Spécialité physique chimie Terminale
Dans un circuit, on représente l'intensité du courant par une flèche sur le fil et la tension aux bornes d'un dipôle par une flèche à côté du dipôle. La tension \(U_{AB} = V_A - V_B\) est représentée par une flèche qui pointe vers A.
Une maille est un chemin fermé dans un circuit. Dans le circuit ci-dessous, en série, il n'y a qu'une seule maille ; le générateur est en convention générateur, les trois résistances en convention récepteur.
Appliquez la loi des mailles au circuit précédent. ✏️
En suivant le parcours a → b → c → d → a :
Comme \(U_{da} = -U_{ad}\) :
La tension aux bornes du générateur est égale à la somme des tensions aux bornes des récepteurs : c'est l'additivité des tensions vue au collège.
Un nœud est un point du circuit relié à au moins trois fils : dès qu'il y a plusieurs branches, il y a des nœuds.
Appliquez la loi des nœuds aux deux nœuds N ci-dessous. ✏️
\(I_1\) arrive au nœud, \(I_2\) et \(I_3\) en repartent : \(I_1 = I_2 + I_3\).
\(I_1\) et \(I_2\) arrivent au nœud, \(I_3\) et \(I_4\) en repartent : \(I_1 + I_2 = I_3 + I_4\).
Un courant électrique est un déplacement d'ensemble de porteurs de charges (des électrons dans les métaux). L'intensité du courant mesure le débit de charges : la charge électrique qui traverse une section du conducteur par unité de temps.
Le moteur d'un ventilateur USB est traversé par un courant continu d'intensité \(I = 0{,}20\ \text{A}\) pendant une minute. Donnée : charge élémentaire \(e = 1{,}6 \times 10^{-19}\ \text{C}\). ✏️ 🧮
\(Q = I \times \Delta t = 0{,}20 \times 60 = 12\ \text{C}\).
\(N = \dfrac{Q}{e} = \dfrac{12}{1{,}6 \times 10^{-19}} = 7{,}5 \times 10^{19}\) électrons.
Lorsqu'un courant circule, des charges s'accumulent sur les armatures : l'une porte une charge \(q\), l'autre la charge opposée \(-q\). Aucune charge ne traverse l'isolant. En convention récepteur, q est la charge de l'armature vers laquelle pointe la flèche de l'intensité i.
Dès que deux surfaces conductrices en regard, séparées par un isolant, portent des charges de signes opposés, on retrouve un comportement capacitif. Les situations sont très variées :
Le farad est une très grande unité. Quelques ordres de grandeur :
La capacité dépend de la géométrie du condensateur et de la nature de l'isolant. Pour un condensateur plan, dont les armatures de surface S sont séparées d'une distance e :
S en \(\mathrm{m^2}\), e en m ; ε est la permittivité de l'isolant (en \(\mathrm{F\cdot m^{-1}}\)), \(\varepsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}}\) celle du vide et \(\varepsilon_r\) la permittivité relative de l'isolant (environ 1 pour l'air, 3 pour le papier, 6 pour le verre).
On veut fabriquer un condensateur plan de capacité \(C = 1{,}0\ \text{F}\) avec deux armatures séparées par \(e = 0{,}10\ \text{mm}\) d'air (\(\varepsilon \approx \varepsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}}\)). 🧮
Soit environ \(11\ \mathrm{km^2}\) : le farad est bien une très grande unité ! Les supercondensateurs y parviennent grâce à des matériaux poreux de surface immense et à des distances de l'ordre du nanomètre.
Le condensateur est placé en convention récepteur : l'intensité i est orientée vers l'armature qui porte la charge q.
Établissez la relation entre l'intensité i du courant qui circule dans le circuit et la tension \(u_C\) aux bornes du condensateur. Avancez étape par étape : cherchez d'abord, utilisez l'indice si besoin, puis cliquez sur la question pour vérifier votre réponse.
Le courant apporte des charges à l'armature : \(i = \dfrac{dq}{dt}\).
\(q = C \times u_C\).
\(i = \dfrac{dq}{dt} = \dfrac{d(C \times u_C)}{dt}\), et comme C est constante, on obtient la relation ci-dessous.
L'intensité du courant et la tension aux bornes d'un condensateur sont donc liées par :
Un condensateur de capacité C, initialement déchargé, est placé en série avec une résistance R et une source idéale de tension, de force électromotrice E. À l'instant \(t = 0\), on ferme l'interrupteur K.
La source est en convention générateur, la résistance et le condensateur en convention récepteur. Pour la résistance, la loi d'Ohm s'écrit \(u_R = R \times i\).
Établissez l'équation différentielle vérifiée par la tension \(u_C\) pendant la charge, sous la forme \(\dfrac{du_C}{dt} + \dfrac{u_C}{\tau} = \dfrac{E}{\tau}\). Avancez étape par étape : cherchez d'abord, utilisez l'indice si besoin, puis cliquez sur la question pour vérifier votre réponse.
En divisant par RC : \(\dfrac{du_C}{dt} + \dfrac{u_C}{RC} = \dfrac{E}{RC}\). On identifie \(\tau = RC\), d'où l'équation ci-dessous.
Pendant la charge, la tension aux bornes du condensateur vérifie l'équation différentielle :
Cette équation est du type \(\dfrac{dy}{dt} + \dfrac{y}{\tau} = b\), étudié dans la fiche 🔗 équations différentielles.
Résolvez l'équation différentielle en tenant compte des conditions initiales. Avancez étape par étape : cherchez d'abord, utilisez l'indice si besoin, puis cliquez sur la question pour vérifier votre réponse.
où A et B sont deux constantes.
Pour la solution constante \(u_C = B\) : \(0 + \dfrac{B}{\tau} = \dfrac{E}{\tau}\), donc \(B = E\). C'est la valeur atteinte en régime permanent.
\(u_{C(0)} = A \times e^{0} + E = A + E = 0\), donc \(A = -E\).
\(u_{C(t)} = -E \times e^{-\frac{t}{\tau}} + E\) ; en factorisant par E, on obtient l'expression ci-dessous.
Lors de la charge d'un condensateur initialement déchargé, la tension à ses bornes est :
On en déduit l'intensité du courant, avec \(i = C \times \dfrac{du_C}{dt}\) et \(\tau = RC\) :
L'intensité est maximale à la fermeture de l'interrupteur (\(i = \dfrac{E}{R}\)), puis décroît vers 0 : une fois chargé, le condensateur se comporte comme un interrupteur ouvert. Contrairement à \(u_C\), l'intensité peut varier brutalement.
Le produit \(\tau = R \times C\) est homogène à un temps : d'après la loi d'Ohm, un ohm est un volt par ampère ; d'après \(q = C \times u_C\), un farad est un coulomb par volt, soit des ampères multipliés par des secondes, par volt. Donc \(\Omega \times \text{F} = \dfrac{\text{V}}{\text{A}} \times \dfrac{\text{A} \cdot \text{s}}{\text{V}} = \text{s}\).
Le temps caractéristique τ se détermine à partir de la courbe \(u_{C(t)}\), enregistrée avec un oscilloscope, une carte d'acquisition ou un microcontrôleur :
Au bout de \(5\tau\), \(u_C = E \times (1 - e^{-5}) \approx 0{,}99 \times E\) : on considère que le condensateur est chargé. Plus τ est grand, plus la charge est lente : on peut l'allonger en augmentant R ou C.
On peut aussi obtenir \(u_{C(t)}\) sans résoudre l'équation différentielle, en calculant la tension de proche en proche. D'après l'équation de la charge :
Pendant une durée très courte dt, la tension varie de \(du_C = \dfrac{du_C}{dt} \times dt\). Connaissant \(u_C\) à l'instant t, on calcule donc sa valeur à l'instant t + dt :
🐍 Ce programme part de \(u_C = 0\), applique cette relation pas à pas, puis compare le résultat à la solution exacte \(E \times \left( 1 - e^{-\frac{t}{\tau}} \right)\).
import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt
E = 6.0 # tension de la source (V)
R = 4.7e3 # résistance (ohm)
C = 220e-6 # capacité (F)
tau = R * C # temps caractéristique (s)
dt = tau / 20 # pas de temps (s)
t = np.arange(0, 6 * tau, dt) # instants de calcul
u = np.zeros(len(t)) # u[0] = 0 : condensateur déchargé
# Méthode d'Euler : u(t + dt) = u(t) + du/dt × dt, avec du/dt = (E − u) / tau
for k in range(len(t) - 1):
u[k + 1] = u[k] + (E - u[k]) / tau * dt
plt.plot(t, u, ".", label="méthode d'Euler")
plt.plot(t, E * (1 - np.exp(-t / tau)), label="solution exacte")
plt.axhline(0.63 * E, linestyle="--", color="gray", label="0,63 E")
plt.axvline(tau, linestyle=":", color="green", label="t = tau")
plt.xlabel("t (s)")
plt.ylabel("u_C (V)")
plt.legend()
plt.grid()
plt.show()
À essayer :
dt = tau / 20 par dt = tau / 2 : les points s'écartent de la
solution exacte. La méthode d'Euler n'est précise que si le pas dt est petit devant τ.u[0] = E et utilisez
\(\dfrac{du_C}{dt} = -\dfrac{u_C}{\tau}\).Le condensateur, chargé sous la tension E, est maintenant relié à la résistance R seule : le générateur est retiré du circuit (c'est la position 2 de l'interrupteur dans l'animation). À l'instant \(t = 0\), on ferme K.
On garde les mêmes orientations que pour la charge. Le courant circule en réalité de l'armature positive vers l'armature négative à travers la résistance, donc dans le sens opposé à la flèche de i : pendant la décharge, l'intensité i est négative.
Établissez l'équation différentielle vérifiée par \(u_C\) pendant la décharge, puis résolvez-la. Avancez étape par étape : cherchez d'abord, utilisez l'indice si besoin, puis cliquez sur la question pour vérifier votre réponse.
\(RC \times \dfrac{du_C}{dt} + u_C = 0\), soit, avec \(\tau = RC\) :
\(u_{C(0)} = A \times e^0 = A = E\), d'où l'expression ci-dessous.
Lors de la décharge d'un condensateur initialement chargé sous la tension E :
Un condensateur chargé sous 6,0 V se décharge dans une résistance \(R = 10\ \text{kΩ}\). On enregistre la tension à ses bornes. 📄 ✏️ 🧮
\(0{,}37 \times 6{,}0 \approx 2{,}2\ \text{V}\) ; la courbe passe par 2,2 V à \(t \approx 0{,}20\ \text{s}\), donc \(\tau \approx 0{,}20\ \text{s}\).
\(\tau = R \times C\), donc \(C = \dfrac{\tau}{R} = \dfrac{0{,}20}{10 \times 10^3} = 2{,}0 \times 10^{-5}\ \text{F} = 20\ \mu\text{F}\).
Au bout de \(5\tau = 1{,}0\ \text{s}\) : on le vérifie sur la courbe, qui est alors pratiquement confondue avec l'axe des temps.
Un capteur capacitif est un condensateur dont la capacité varie avec la grandeur à mesurer : une pression ou un déplacement modifie la distance e entre les armatures, un doigt ou l'humidité modifie la permittivité ε ou la surface en regard. Un circuit électronique mesure cette capacité, souvent en mesurant le temps caractéristique \(\tau = RC\) de la charge du condensateur à travers une résistance connue.
Dans certaines voitures, l'assise du siège passager contient deux feuilles d'aluminium séparées par une mousse isolante : c'est un condensateur plan. Quand un passager s'assoit, la mousse se tasse : la distance e entre les armatures diminue, donc la capacité \(C = \varepsilon \times \dfrac{S}{e}\) augmente. Le microcontrôleur mesure une charge plus lente (τ = RC plus grand) et en déduit la présence d'un passager, par exemple pour activer l'airbag.
L'essentiel à retenir du chapitre.
Un condensateur de capacité C inconnue, initialement déchargé, est chargé à travers une résistance \(R = 10\ \text{kΩ}\) par une source idéale de tension E. Un microcontrôleur enregistre la tension \(u_C\) à ses bornes à partir de la fermeture de l'interrupteur (\(t = 0\)).
En régime permanent, le condensateur est chargé : \(i = 0\), donc \(u_R = R \times i = 0\) et la loi des mailles donne \(u_C = E\). La courbe tend vers 5,0 V : \(E = 5{,}0\ \text{V}\).
À \(t = 0\), \(u_C = 0\) donc \(u_R = E\), et :
Méthode des 63 % : \(0{,}63 \times 5{,}0 \approx 3{,}2\ \text{V}\) ; la courbe atteint cette valeur vers \(t \approx 47\ \text{ms}\). La tangente à l'origine (passant par l'origine et par le point (20 ms ; 2,1 V) environ) coupe la droite \(u_C = 5{,}0\ \text{V}\) vers 47 ms également : \(\tau \approx 47\ \text{ms}\).
Au bout de \(5\tau = 5 \times 47 \approx 235\ \text{ms}\). Sur la courbe, \(u_C\) vaut alors environ 4,95 V, soit 99 % de E.
Dans un immeuble, un appui sur le bouton allume l'éclairage de l'escalier pour une durée limitée. Dans le circuit de commande, l'appui sur le bouton charge instantanément un condensateur de capacité \(C = 470\ \mu\text{F}\) sous la tension \(E = 12\ \text{V}\). Dès qu'on relâche le bouton (\(t = 0\)), le condensateur se décharge dans une résistance \(R = 100\ \text{kΩ}\). La lampe reste allumée tant que \(u_C\) est supérieure à la tension de seuil \(U_s = 4{,}0\ \text{V}\).
Données : \(\ln(e^x) = x\) ; \(e^{-x} = a \Leftrightarrow x = -\ln a = \ln \dfrac{1}{a}\).
\(u_R + u_C = 0\) avec \(u_R = R \times i = RC \times \dfrac{du_C}{dt}\), d'où :
\(\dfrac{du_C}{dt} = -\dfrac{E}{RC} \times e^{-\frac{t}{RC}}\), donc :
Et \(u_{C(0)} = E \times e^0 = E\) : le condensateur est bien chargé sous 12 V à \(t = 0\).
\(\tau = R \times C = 100 \times 10^3 \times 470 \times 10^{-6} = 47\ \text{s}\).
\(E \times e^{-\frac{\Delta t}{\tau}} = U_s\) donne \(e^{-\frac{\Delta t}{\tau}} = \dfrac{U_s}{E}\), soit \(\dfrac{\Delta t}{\tau} = \ln \dfrac{E}{U_s}\) :
Il faut une résistance d'environ 170 kΩ : en augmentant R, on allonge τ, donc la durée d'éclairage.
L'assise d'un siège passager contient deux feuilles d'aluminium de surface \(S = 0{,}12\ \mathrm{m^2}\), séparées par une mousse isolante de permittivité relative \(\varepsilon_r = 1{,}5\) et d'épaisseur \(e = 2{,}0\ \text{mm}\) lorsque le siège est vide. Un microcontrôleur charge ce condensateur à travers une résistance \(R = 1{,}0\ \text{MΩ}\) et mesure le temps caractéristique τ. Il active l'airbag passager si \(\tau \gt 1{,}0\ \text{ms}\).
Données : \(C = \varepsilon_0 \times \varepsilon_r \times \dfrac{S}{e}\) ; \(\varepsilon_0 = 8{,}85 \times 10^{-12}\ \mathrm{F\cdot m^{-1}}\).
Il est formé de deux surfaces conductrices en regard (les feuilles d'aluminium), séparées par un isolant (la mousse) : ce sont les armatures et le diélectrique d'un condensateur plan.
soit 0,80 nF, et \(\tau_0 = R \times C_0 = 1{,}0 \times 10^6 \times 8{,}0 \times 10^{-10} \approx 8{,}0 \times 10^{-4}\ \text{s} = 0{,}80\ \text{ms}\). L'airbag n'est pas activé.
La distance entre les armatures diminue, donc la capacité augmente :
\(\tau' = R \times C' \approx 1{,}3\ \text{ms} \gt 1{,}0\ \text{ms}\) : la présence est détectée et l'airbag est activé.
La présence est détectée si l'épaisseur descend sous 1,6 mm. Avec 1,8 mm, l'enfant n'est pas détecté : l'airbag reste désactivé, ce qui est d'ailleurs souhaitable, car un airbag est dangereux pour un jeune enfant.
Vous maîtrisez le cours et les exercices du chapitre ? Passez maintenant aux exercices de bac sur les circuits RC. Le site Labolycée les regroupe par thème, avec leurs corrigés :
Conseil : cherchez chaque exercice en temps limité, comme le jour de l'épreuve, avant de regarder le corrigé.