Spécialité physique chimie Terminale
Rappel de première : l'énergie mécanique d'un objet est la somme de son énergie cinétique, liée à sa vitesse, et de son énergie potentielle de pesanteur, liée à son altitude.
Les énergies s'expriment en joules (J), la masse m en kg, la vitesse v en m·s⁻¹, l'altitude z en m (axe vertical orienté vers le haut) et \(g = 9{,}8\ \mathrm{N\cdot kg^{-1}}\).
Un objet est lâché sans vitesse initiale du haut de la tour de Pise, de hauteur \(h = 50\ \text{m}\). On néglige les frottements.
Au départ : \(E_{m,\text{départ}} = 0 + m\,g\,h\). Au sol : \(E_{m,\text{sol}} = \dfrac{1}{2}\,m\,v^2 + 0\).
\(\dfrac{1}{2}\,m\,v^2 = m\,g\,h\), d'où l'expression ci-dessous : \(v = \sqrt{2 \times 9{,}8 \times 50} = 31\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}\), soit environ 113 km/h.
La vitesse au sol d'un objet lâché sans vitesse initiale, sans frottements, ne dépend pas de sa masse :
En réalité, l'air freine l'objet : son énergie mécanique diminue. Cette énergie n'est pas perdue : les frottements échauffent l'objet et l'air autour de lui. Elle est transférée à l'échelle microscopique, sous forme d'énergie interne.
L'énergie totale d'un système est la somme de son énergie mécanique (échelle macroscopique) et de son énergie interne (échelle microscopique) :
Un système thermodynamique contient un nombre immense de particules : on ne peut pas suivre chacune d'elles. On le décrit à notre échelle (macroscopique) par quelques grandeurs mesurables, les variables d'état, que l'on relie au comportement des particules (échelle microscopique) :
| Variable d'état | Unité | Interprétation microscopique |
|---|---|---|
| masse volumique ρ | kg·m⁻³ | particules serrées ou espacées |
| quantité de matière n | mol | nombre de particules |
| température T | K | agitation des particules (énergie cinétique moyenne) |
| pression P | Pa | chocs des particules sur les parois |
| volume V | m³ | espace occupé par le gaz |
Combien de molécules d'air contient un petit cube de 1 cm³, à 20 °C et sous la pression atmosphérique \(P = 1015\ \text{hPa}\) ? Donnée : \(N_A = 6{,}02 \times 10^{23}\ \mathrm{mol^{-1}}\).
\(P = 1{,}015 \times 10^{5}\ \text{Pa}\) ; \(V = 1{,}0 \times 10^{-6}\ \mathrm{m^3}\) ; \(T = 293{,}15\ \text{K}\).
\(n = \dfrac{1{,}015 \times 10^{5} \times 1{,}0 \times 10^{-6}}{8{,}314 \times 293{,}15} = 4{,}165 \times 10^{-5}\ \text{mol}\).
\(N = 4{,}165 \times 10^{-5} \times 6{,}02 \times 10^{23}\) : on obtient le résultat ci-dessous.
Un cube d'air de 1 cm³ contient environ :
Le modèle du gaz parfait décrit bien les gaz réels lorsqu'ils sont peu denses : pression faible (de l'ordre de la pression atmosphérique) et température pas trop basse. Les particules sont alors très éloignées les unes des autres.
On étudie un système fermé : il n'échange pas de matière avec l'extérieur, mais il peut échanger de l'énergie, de deux façons :
Le plus souvent, le système est au repos à notre échelle : son énergie mécanique ne varie pas et seule son énergie interne change :
Imaginons que l'invention de Gaston fonctionne : en pédalant, il fait tourner un batteur dans la marmite, posée sur un réchaud. Le système étudié est le contenu de la marmite.
Le batteur, mis en mouvement par le pédalier, fournit un travail \(W \gt 0\) ; le réchaud fournit un transfert thermique \(Q_1 \gt 0\).
\(\Delta U = W + Q_1 + Q_2\) avec \(Q_2 \lt 0\). Si \(W + Q_1 \gt |Q_2|\), l'énergie interne de la soupe augmente : elle chauffe.
À l'échelle microscopique, les particules les plus agitées (corps chaud) cèdent une partie de leur énergie cinétique aux particules moins agitées (corps froid), lors des chocs.
Prévoyez le sens du transfert thermique dans chaque cas.
Du café vers l'air de la pièce : le café cède de l'énergie, \(Q \lt 0\) ; il refroidit jusqu'à 20 °C.
De l'eau vers le glaçon : le glaçon reçoit de l'énergie, \(Q \gt 0\) ; il se réchauffe puis fond.
Un solide ou un liquide est un système incompressible : son volume ne varie quasiment pas. Lorsque sa température passe de \(T_i\) à \(T_f\), sans changement d'état, la variation de son énergie interne vaut :
| Matériau | eau | éthanol | aluminium | brique | verre | cuivre |
|---|---|---|---|---|---|---|
| c (J·kg⁻¹·K⁻¹) | 4180 | 2430 | 897 | 840 | 720 | 385 |
Calculez des variations d'énergie interne.
\(\Delta U = 1 \times 4180 \times 1 = 4180\ \text{J}\) : c'est la valeur de \(c_{\text{eau}}\).
\(\Delta U = 0{,}150 \times 4180 \times (65 - 15) = 3{,}14 \times 10^{4}\ \text{J}\) : l'eau a reçu 31,4 kJ.
Un calorimètre est un récipient isolé thermiquement : le système qu'il contient n'échange (presque) pas d'énergie avec l'extérieur. On y mélange deux corps de températures différentes, sans travail reçu : le premier principe donne \(\Delta U = 0\).
Dans un calorimètre, on mélange un corps 1 (masse \(m_1\), capacité thermique massique \(c_1\), température \(T_1\)) et un corps 2 (\(m_2\), \(c_2\), \(T_2\)). Exprimez la température finale \(T_f\).
\(\Delta U_1 = m_1\,c_1\,(T_f - T_1)\) et \(\Delta U_2 = m_2\,c_2\,(T_f - T_2)\).
L'énergie cédée par le corps chaud est reçue par le corps froid.
\((m_1 c_1 + m_2 c_2)\,T_f = m_1 c_1 T_1 + m_2 c_2 T_2\) : on obtient l'expression ci-dessous.
La température finale est une moyenne des températures initiales, pondérée par les capacités thermiques :
Calculez la température finale dans les deux cas suivants (calorimètre parfaitement isolé).
\(T_f = \dfrac{0{,}100 \times 20 + 0{,}150 \times 50}{0{,}100 + 0{,}150} = 38\ \text{°C}\).
\(T_f = \dfrac{418 \times 20 + 38{,}5 \times 100}{418 + 38{,}5} = 26{,}7\ \text{°C}\). L'eau, de bien plus grande capacité thermique, impose presque sa température. Vérifiez avec l'animation !
L'essentiel à retenir du chapitre.
Un pneu de vélo de volume \(V = 2{,}0\ \text{L}\) est gonflé à la pression \(P_1 = 4{,}0\ \text{bar}\) à 15 °C. Après une longue descente au soleil, l'air du pneu atteint 40 °C. On considère l'air comme un gaz parfait et le volume du pneu comme constant. Donnée : 1 bar = \(10^{5}\) Pa.
\(n = \dfrac{4{,}0 \times 10^{5} \times 2{,}0 \times 10^{-3}}{8{,}314 \times 288{,}15} = 0{,}334\ \text{mol}\).
\(\dfrac{P}{T} = \dfrac{n\,R}{V}\) est constant, donc \(P_2 = P_1 \times \dfrac{T_2}{T_1} = 4{,}0 \times \dfrac{313{,}15}{288{,}15} = 4{,}3\ \text{bar}\).
Les molécules sont plus agitées : elles frappent la paroi du pneu plus souvent et plus fort, donc la force pressante, et la pression, augmentent.
Une bouilloire de puissance électrique \(\mathcal{P} = 2000\ \text{W}\) chauffe 1,0 L d'eau de 20 °C à 100 °C en 3 min 30 s. Le système étudié est l'eau. Données : \(c_{\text{eau}} = 4180\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}\) ; 1,0 L d'eau a une masse de 1,0 kg.
\(\Delta U = 1{,}0 \times 4180 \times (100 - 20) = 3{,}34 \times 10^{5}\ \text{J}\).
\(E = 2000 \times 210 = 4{,}20 \times 10^{5}\ \text{J}\).
\(Q_{\text{perdu}} = \Delta U - Q_{\text{reçu}} = 3{,}344 \times 10^{5} - 4{,}20 \times 10^{5} = -8{,}6 \times 10^{4}\ \text{J}\) : 86 kJ sont perdus. Rendement : \(\eta = \dfrac{3{,}344 \times 10^{5}}{4{,}20 \times 10^{5}} = 80\ \%\).
Dans un calorimètre, on plonge un bloc métallique de 200 g, sorti d'une étuve à 90,0 °C, dans 300 g d'eau à 20,0 °C. La température d'équilibre est 28,8 °C. On néglige la capacité thermique du calorimètre.
Du métal vers l'eau : \(\Delta U_{\text{métal}} \lt 0\) et \(\Delta U_{\text{eau}} \gt 0\).
\(\Delta U_{\text{eau}} = 0{,}300 \times 4180 \times (28{,}8 - 20{,}0) = 1{,}104 \times 10^{4}\ \text{J}\).
\(c = \dfrac{1{,}104 \times 10^{4}}{0{,}200 \times (90{,}0 - 28{,}8)} = 9{,}0 \times 10^{2}\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}\) : c'est de l'aluminium.
Une voiture de 1200 kg roule à 90 km/h sur une route horizontale. Elle freine jusqu'à l'arrêt. On suppose que toute son énergie cinétique est transférée aux quatre disques de frein en acier, de masse totale 20 kg. Donnée : \(c_{\text{acier}} = 460\ \mathrm{J\cdot kg^{-1}\cdot K^{-1}}\).
\(\Delta E_m = 0 - \dfrac{1}{2} \times 1200 \times 25^2 = -3{,}75 \times 10^{5}\ \text{J}\).
Elle augmente l'énergie interne des disques : \(\Delta T = \dfrac{3{,}75 \times 10^{5}}{20 \times 460} = 41\ \text{°C}\).
\(\Delta T = 41 \times \left(\dfrac{130}{90}\right)^2 = 85\ \text{°C}\) : plus du double. C'est pourquoi les freins chauffent beaucoup lors des freinages à grande vitesse.