Utilitaire – Spécialité physique chimie Terminale
L'équation \(y' = a\,y + b\) est une équation différentielle du premier ordre à coefficients a et b constants. Son inconnue n'est pas un nombre, mais une fonction \(y = f(t)\) que l'on doit déterminer.
Nous allons voir la technique de résolution et son intérêt en physique et en chimie.
Cette équation peut s'écrire sous différentes formes équivalentes :
Déterminez les solutions de cette équation différentielle.
\((b \times t)' = b\) : la fonction \(t \mapsto b \times t\) est une solution.
Non : on peut ajouter n'importe quelle constante C, dont la dérivée est nulle. On obtient toutes les solutions ci-dessous.
Les solutions de l'équation \(y' = b\) sont donc les fonctions :
La constante C se détermine avec la condition initiale : \(y(0) = C\).
L'équation peut s'écrire sous différentes formes équivalentes :
Vérifiez que cette fonction est bien solution de l'équation \(y' = a\,y\).
\(y'(t) = C \times a \times e^{a t}\)
\(a \times y(t) = a \times C \times e^{a t} = y'(t)\) : la fonction vérifie bien l'équation pour toute valeur de C.
On fait réagir une espèce A de concentration initiale \([A]_0 = 2\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}\) avec B de concentration initiale \([B]_0 = 3\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}\). La réaction \(\mathrm{A + B \longrightarrow C + D}\) est lente et totale. L'expérience montre qu'elle est d'ordre 1 par rapport à A, de constante de vitesse k.
Écrivez l'équation différentielle qui décrit l'évolution de la concentration de A, puis donnez sa solution.
\(v_{d}(A) = -\dfrac{d[A]}{dt} = k \times [A]\)
\(\dfrac{d[A]}{dt} = -k \times [A]\) : c'est l'équation \(y' = a\,y\) avec \(a = -k\).
\([A](t) = C \times e^{-k t}\) et, à \(t = 0\), \(C = [A]_0 = 2\ \mathrm{mol\cdot L^{-1}}\) : on obtient l'expression ci-dessous.
La concentration de A évolue donc selon :
En physique, on préfère écrire l'équation du premier ordre sous la forme :
τ est le temps caractéristique (en s). La solution s'écrit alors :
Faites varier A, B et τ pour observer leur influence sur la courbe :
🐍 Capacité numérique : ce programme trace la même courbe. Modifiez A, B et τ pour observer leur influence.
import numpy as np
import matplotlib.pyplot as plt
A = 20 # constante fixée par les conditions initiales
B = 0 # valeur limite
tau = 1 # temps caractéristique (s)
t = np.linspace(0, 10, 500)
y = A * np.exp(-t / tau) + B
plt.plot(t, y, label="y(t)")
plt.axhline(B, linestyle="--", color="gray", label="asymptote y = B")
plt.axvline(tau, linestyle=":", color="green", label="t = tau")
plt.xlabel("t (s)")
plt.ylabel("y")
plt.legend()
plt.grid()
plt.show()
Un parachutiste de masse \(m = 80\ \text{kg}\) saute d'un avion. Il est soumis à son poids \(\vec{P} = m\vec{g}\) et à une force de frottement de l'air proportionnelle à sa vitesse : \(\vec{f} = -k\vec{v}\), avec \(k = 12\ \mathrm{kg\cdot s^{-1}}\) et \(g = 9{,}8\ \mathrm{m\cdot s^{-2}}\).
La deuxième loi de Newton, projetée sur l'axe vertical orienté vers le bas, donne :
Établissez l'expression de la vitesse du parachutiste et montrez qu'il existe une vitesse limite.
Donc \(\tau = \dfrac{m}{k} = \dfrac{80}{12} \approx 6{,}7\ \text{s}\) et \(b = g\).
\(B = g \times \tau = \dfrac{m\,g}{k}\) : c'est la vitesse limite \(v_{\lim}\), atteinte quand le frottement compense le poids.
\(v_{\lim} = \dfrac{80 \times 9{,}8}{12} \approx 65\ \mathrm{m\cdot s^{-1}}\), soit environ 235 km/h.
\(v(0) = A + v_{\lim} = 0\), donc \(A = -v_{\lim}\) : en factorisant, on obtient l'expression ci-dessous.
La vitesse du parachutiste évolue donc selon :
L'essentiel à retenir.
Cette année, les équations différentielles interviennent dans les chapitres :
Une grandeur y vérifie l'équation différentielle \(y' = -3\,y\), avec la condition initiale \(y(0) = 5\).
Ici \(a = -3\) : \(y(t) = C \times e^{-3t}\).
\(C = y(0) = 5\), donc \(y(t) = 5 \times e^{-3t}\) et \(y(1) = 5 \times e^{-3} \approx 0{,}25\).
Une grandeur y vérifie l'équation différentielle \(y' + 2\,y = 6\), avec \(y(0) = 0\).
\(\dfrac{1}{\tau} = 2\), donc \(\tau = 0{,}5\) ; et \(b = 6\).
\(B = 6 \times 0{,}5 = 3\). Et \(y(0) = A + 3 = 0\), donc \(A = -3\).
\(y(t) = -3\,e^{-2t} + 3 = 3 \times \left(1 - e^{-2t}\right)\) : y tend vers 3.
Un café à \(\theta_0 = 80\ °\text{C}\) refroidit dans une pièce à \(\theta_{\text{ext}} = 20\ °\text{C}\). Sa température vérifie la loi de Newton :
\(B = \theta_{\text{ext}} = 20\ °\text{C}\) : la température finale du café est celle de la pièce.
\(\theta(0) = A + 20 = 80\), donc \(A = 60\ °\text{C}\) :
\(\theta(15) = 60 \times e^{-1{,}5} + 20 \approx 33{,}4\ °\text{C}\).
\(60 \times e^{-\frac{t}{10}} = 10\), soit \(e^{-\frac{t}{10}} = \dfrac{1}{6}\), donc \(t = 10 \times \ln 6 \approx 17{,}9\ \text{min}\).
Le nombre N(t) de noyaux radioactifs d'un échantillon vérifie \(\dfrac{dN}{dt} = -\lambda \times N\), où λ est la constante radioactive. À \(t = 0\), l'échantillon contient \(N_0\) noyaux.
\(e^{-\lambda t_{1/2}} = \dfrac{1}{2}\), donc \(-\lambda\,t_{1/2} = \ln\dfrac{1}{2} = -\ln 2\), d'où \(t_{1/2} = \dfrac{\ln 2}{\lambda}\).
11 460 ans = 2 demi-vies : il reste \(\dfrac{1}{2} \times \dfrac{1}{2} = \dfrac{1}{4}\) des noyaux, soit 25 %.